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L’orgasme mis à nu

Témoignage d’une personne sur son expérience orgasmique :

Je pense que la sensation d’orgasme est un sentiment de soulagement extrême de toutes les tensions du corps. C’est l’expérience la plus satisfaisante que j’ai jamais vécue. La sensation est exubérante et c’est le sentiment le plus agréable que j’ai jamais éprouvé.

L’orgasme, un phénomène aux multiples définitions

L’orgasme est une expérience qui ne doit pas être confondue avec ce qui suit :

  • la jouissance, qui renvoie aux fortes charges de plaisir pouvant survenir lors de la sexualité ;
  • l’éjaculation ou les émissions fontaines (aussi appelées le « squirt »), qui renvoient à l’expulsion de liquide.

L’orgasme peut bien sûr surgir au même moment qu’une expulsion liquidienne, mais il s’agit d’un phénomène indépendant.

Dans le langage populaire, l’orgasme se définit comme le court moment où l’apogée du plaisir est atteint suite à une stimulation des organes génitaux.

Comment définir l’orgasme ? Est-il aussi indescriptible qu’on le pense ? Pour répondre à cette question, des scientifiques ont posé des mots savants pour définir ce phénomène avec précision.

Selon eux, l’orgasme c’est :

La décharge expulsive des tensions neuromusculaires au pic de la réponse sexuelle

Kinsey et al., 1953

Un pic d’intensité d’excitation généré par : (a) une stimulation […] provenant de récepteurs sensoriels viscéraux et/ou somatiques […], et/ou (b) des processus cognitifs d’ordre supérieur, suivie d’un relâchement et d’une résolution (diminution) de l’excitation. Selon cette définition, l’orgasme est caractéristique de l’appareil génital, mais ne s’y limite pas.

Komisaruk & Whipple, 1991

Une sensation variable, transitoire, de pic de plaisir intense, créant un état de conscience altéré, avec généralement une initiation accompagnée de contractions rythmiques involontaires de la musculature pelvienne […], souvent avec des contractions utérines et anales concomitantes, […] généralement avec une induction de bien-être et de contentement.

Meston, Levin, et al., 2004

Si les chercheurs universitaires envisagent le plus souvent l’orgasme sous le prisme de la « libération des tensions », certains sexologues approchent plutôt l’orgasme comme une façon de générer de l’énergie.

Reconnaître l’orgasme sans se tromper

L’orgasme est un bref phénomène physiologique. Il dure entre 3 et 25 secondes.

Vous pouvez reconnaître l’orgasme grâce aux caractéristiques suivantes :

  • la contraction involontaire des muscles du vagin et du rectum ;
  • le clitoris qui peut devenir plus sensible, et les mamelons, plus gros ;
  • une augmentation du rythme cardiaque ;
  • une augmentation de la fréquence respiratoire ;
  • des rougeurs au niveau de la poitrine ;
  • une dilatation des pupilles ;
  • une lubrification plus abondante ;
  • une augmentation de la sudation (transpiration)…

Les réactions physiologiques sont très variables d’une personne à l’autre et d’un moment à l’autre.

Après l’orgasme, le corps revient lentement dans son état initial : il s’agit de la phase de «résolution».

Durant cette phase, le rythme cardiaque diminue, les rougeurs de la peau s’estompent, la respiration ralentit et les organes génitaux reprennent peu à peu leur volume initial.

Il est toutefois possible d’expérimenter plusieurs orgasmes successifs, aussi appelés «orgasmes multiples».

Le vécu subjectif de l’orgasme

Dans une étude réalisée dans les années 70, des étudiants devaient décrire leurs sensations orgasmiques. Voici quelques descriptions :

Un orgasme est à la fois le point culminant de la tension et le relâchement presque en même temps. Je ressens également des contractions dans les parties génitales. Des picotements partout.

Une sensation soudaine d’étourdissement suivie d’un sentiment intense de soulagement et d’exaltation. Des spasmes musculaires intenses dans tout le corps. Une sensation d’euphorie suivie d’une paix et d’une relaxation profondes.

Cette libération est extrêmement agréable et excitante. La sensation semble être centrée sur la région génitale. Elle est extrêmement intense et exaltante.

Durant l’orgasme, certaines personnes expérimentent des «bouffées de chaleur» ainsi qu’une forte intensité de plaisir.

Il peut bien sûr arriver que le plaisir ressenti ne soit pas aussi fort que celui espéré.

Les effets ressentis durant l’orgasme varient d’une personne à l’autre selon le moment, l’intensité de l’excitation, le contexte, le partenaire, l’éducation, la culture, etc.

La façon dont une femme ressent ses orgasmes peut également évoluer au cours de sa vie. Il est connu que les femmes ont davantage d’orgasmes à partir de 40 ans qu’elles n’en n’ont entre 18 et 29 ans.

Durant l’orgasme, certaines personnes ont l’impression de «perdre le contrôle». Ce sentiment s’explique par le fait qu’une toute petite partie de leur cerveau, une partie impliquée dans le contrôle de soi, est sous-activée durant leur processus orgasmique.

À noter que tout le monde n’expérimente pas ce type d’expérience. Pour pouvoir vivre le sentiment de perte contrôle, il faut être dans un état de profond lâcher prise.

L’orgasme est un phénomène délicat qui peut s’inhiber à la moindre distraction. Nous pouvons arrêter le processus orgasmique à tout moment.

Comment apprendre à avoir un orgasme ?

Comme tout type d’apprentissage, l’expérience orgasmique nécessite :

  • du temps ;
  • quelques connaissances positives et nuancées sur la sexualité (vous êtes au bon endroit pour ça ;-)) ;
  • un zeste de curiosité ;
  • et beaucoup de pratique !

Contrairement à ce que l’on pense souvent, la sexualité n’est pas innée. Et fort heureusement : l’orgasme peut s’apprendre à tout âge.

OH OUI a d’ailleurs créé des programmes progressifs et guidés afin de vous aider à développer votre potentiel orgasmique.

  • Pour jouir avec votre partenaire, découvrez Orgasme Duo.

Sinon, vous pouvez lire ces articles :

Quand on ne ressent aucun plaisir…

Le saviez-vous ? L’orgasme ne rime pas nécessairement avec plaisir.

Surpris ?

Durant l’orgasme, le corps peut relâcher les tensions accumulées sans nécessairement que cette libération soit accompagnée de plaisir.

La personne peut ainsi expérimenter certains signes physiologiques de l’orgasme (tels que les contractions involontaires et successives du vagin et du rectum), mais ne rien ressentir au niveau émotionnel.

En l’absence de tout plaisir, on parlera alors d’orgaste (ou de climax) et non plus d’orgasme.

Quoi qu’il en soit, il arrive très souvent que les premiers orgasmes soient petits et peu intenses.

La bonne nouvelle, c’est que les capacités orgasmiques s’améliorent avec la pratique.

Au fil du temps, nous pouvons apprendre à avoir des orgasmes plus forts, plus longs, plus agréables et plus satisfaisants. 🙂

Quoi toucher pour avoir un orgasme  ?

Si l’orgasme est plus communément provoqué par la stimulation du pénis, du clitoris ou du vagin, d’autres zones du corps peuvent également être source de jouissance :

  • les seins et les tétons sont des zones très sensibles et peuvent générer ce qu’on appelle un «orgasme mammaire» ;
  • la zone anale, dont le pourtour est très innervé ;
  • la prostate féminine (proche du point G) ou la prostate masculine (ce qu’on appelle aussi point P) ;
  • le cervix ou le col de l’utérus (voir l’orgasme cervical) ;
  • les pensées érotiques ou les fantasmes (sans aucune stimulation physique) ;
  • la bouche (dont les lèvres et la langue contiennent de nombreuses cellules sensorielles) ;
  • les lobes des oreilles (expériences orgasmiques notamment rapportées par des personnes atteintes de lésions de la moelle épinière).

Annie Sprinkle, une exploratrice sexuelle américaine, a passé plusieurs décennies à jouir avec son corps. Elle estime de son côté qu’il existerait aussi des orgasmes respiratoires et énergétiques.

Elle témoigne que ces orgasmes « peuvent se produire (ou être créés) à partir d’une respiration consciente, rythmique, profonde ou d’autres moyens de générer de l’énergie dans le corps comme pratiquer la natation, courir, prendre des risques, écouter un morceau de musique, etc. ».

L’expérience orgasmique est loin d’être unique et peut au contraire varier de différentes façons selon de nombreuses caractéristiques :

  • la source de stimulation ;
  • l’état d’esprit du moment ;
  • la pratique yogique, tantrique ou méditative ;
  • l’âge et le contexte de vie ;
  • les mouvements du corps et la respiration ;
  • les croyances autour du plaisir et de la sexualité ;
  • etc.

Les méga-orgasmes

Annie Sprinkle appelle « megagasm » les orgasmes qui durent plusieurs minutes. Ces orgasmes sont si puissants que le visage de la personne « peut se contorsionner sévèrement comme si elle allait avoir un bébé ».

Ces méga-orgasmes peuvent survenir suite à une stimulation très intense comme l’utilisation d’un vibromasseur puissant sur le clitoris, la pratique du fisting (pénétration du vagin avec le poing fermé) ou encore une sodomie avec une stimulation vaginale et clitoridienne.

Selon elle, ces orgasmes ont une telle force qu’ils peuvent effrayer ou mettre mal à l’aise de nombreuses personnes : ils nécessitent un énorme abandon de l’égo.

Des orgasmes encore plus étonnants

Certaines conditions médicales peuvent donner lieu à des orgasmes surprenants :

Des hommes et des femmes atteints de lésions de la moelle épinière ont décrit que la peau proche de leur lésion est hypersensible au toucher – douloureuse et intense si elle est accidentellement effleurée, mais lorsqu’elle est stimulée de la bonne manière, par la bonne personne, elle est capable de produire des sensations orgasmiques agréables qui peuvent être perçues comme émanant des organes génitaux.

Sipski, Komisaruk, et al., 1993
Jeune femme souriante en fauteuil roulant
« Hémiplégique gauche, comment me donner du plaisir sexuel ? »

Certaines expériences de vie peuvent également générer des orgasmes inattendus :

J’ai parlé avec plusieurs hommes qui étaient au combat au Vietnam. Ils m’ont dit que lorsqu’ils étaient au combat, ils avaient des érections et avaient des orgasmes énergétiques intenses, parfois même avec l’éjaculation. J’appellerai ça des orgasmes de la peur, ou des adrénalingasms.

Annie Sprinkle

Les bienfaits de l’orgasme sur la santé

Une diminution des maladies cardiaques

Une étude longitudinale menée au Royaume-Uni a cherché à déterminer s’il existait une relation entre la fréquence orgasmique et la mortalité (Davey Smith, Frankel & Yarnell, 1997).

Après dix ans de suivi, ils ont constaté que le risque de mortalité était 50 % moins élevé chez les hommes qui avaient des orgasmes fréquents (deux ou plus par semaine) que chez ceux qui avaient des orgasmes moins d’une fois par mois.

Même en tenant compte d’autres facteurs tels que l’âge, la classe sociale et le tabagisme, une relation inverse forte et statistiquement significative a été constatée entre la fréquence des orgasmes et le risque de décès. Plus la fréquence des orgasmes est élevée, moins le risque de décès est élevé.

Une autre étude (Narayanan et al., 2014) a examiné les niveaux d’hormones sexuelles chez des patients ayant subi un arrêt cardiaque soudain.

Comparativement aux personnes témoins, les personnes ayant fait un arrêt cardiaque soudain présentèrent des taux de testostérone plus faibles et des taux d’œstradiol plus élevé.

Une autre étude sur des hommes d’âge moyen a suggéré une relation entre les niveaux de l’hormone DHEA (libérée dans la circulation sanguine lors de l’orgasme) et une réduction du risque de maladie cardiaque (Feldman, Johannes, et al., 1998).

Une étude menée de 1972 à 1975 a comparé la vie sexuelle d’une centaine de femmes israéliennes hospitalisées pour un infarctus du myocarde (il s’agit d’une destruction du muscle cardiaque due à l’obstruction soudaine d’un vaisseau sanguin) par rapport à un groupe témoin d’une centaine de femmes hospitalisées pour d’autres raisons (Abramov, 1976).

Les patientes ont été soumises à un entretien de 57 questions sur leur vie sexuelle, y compris des questions sur la «frigidité» et le début de la ménopause.

Dans cette enquête, « la «frigidité» incluait un manque de plaisir lors des rapports sexuels, une incapacité à orgasmer et suscitant une détresse émotionnelle, ou une absence de relations sexuelles en raison de la maladie d’un partenaire ou d’une dysfonction érectile.

Les données ont montré une corrélation positive statistiquement significative entre la frigidité et l’insatisfaction sexuelle et entre la frigidité et des antécédents de crise cardiaque.

L’activité sexuelle semble ainsi avoir un effet protecteur sur la santé cardio-vasculaire, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Une infirmière mesure la pression sanguine d'un patient

Moins de risque de cancer

L’augmentation des niveaux d’hormones comme l’ocytocine et la DHEA en lien avec l’activité sexuelle aurait un effet protecteur sur les risques de cancer, notamment le cancer du sein chez les femmes (Murrell, 1995 ; Liu et al., 2020).

Une étude menée sur le cancer du sein auprès de 23 hommes en Grèce a trouvé une corrélation inverse entre la fréquence orgasmique à l’âge adulte et l’incidence du cancer : les hommes atteints du cancer semblaient avoir eu, en moyenne, moins d’orgasmes que les 76 hommes en bonne santé (Petridou et al., 2000).

Un effet protecteur contre l’endométriose

Les données d’une étude portant sur 2 012 femmes aux États-Unis (Meaddough et al., 2002) ont montré que les femmes qui avaient une activité sexuelle pendant les menstruations étaient moins susceptibles de développer une endométriose.

Ces mêmes femmes étaient plus susceptibles de déclarer avoir des orgasmes pendant leurs règles que celles qui avaient rarement des relations sexuelles durant leurs menstruations.

Cette étude laisse suggérer que l’activité sexuelle et l’orgasme pendant les règles peuvent offrir un effet protecteur contre l’endométriose.

Un apaisement des douleurs

Dans une étude interrogeant 1900 femmes américaines (Ellison, 2000), 9 % déclaraient que la masturbation leur permettait de soulager leurs douleurs menstruelles.

Des femmes souffrant de migraine ont déclaré lors d’une recherche scientifique (Evans et Couch, 2001) que l’orgasme soulageait leur douleur. Bien que le soulagement de la douleur par l’orgasme soit moins efficace que des médicaments dédiés, l’effet analgésique est plus rapide.

L’orgasme pendant la grossesse

Vous demandez-vous si les relations sexuelles peuvent nuire à votre bébé ?

Des chercheurs ont interviewé 1853 femmes enceintes d’environ 7 mois sur leurs pratiques sexuelles, notamment la fréquence de leurs relations sexuelles et leur expérience orgasmique (Sayle et al., 2001).

Les femmes qui ont déclaré avec eu des rapports sexuels avec ou sans orgasme et des orgasmes sans pénétration étaient plus nombreuses à mener leur grossesse à terme comparativement aux femmes qui déclaraient n’avoir eu aucune activité sexuelle en fin de grossesse.

Cette étude laisse ainsi penser que les relations sexuelles, y compris celles qui ont lieu en fin de grossesse, peuvent offrir une certaine protection contre l’accouchement prématuré.

Neurophysiologie de l’orgasme

La dopamine et la sérotonine sont deux neurotransmetteurs impliqués dans l’orgasme, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

La dopamine, une molécule émotionnelle

La dopamine joue un rôle essentiel dans l’activité sexuelle humaine. C’est également le cas pour d’autres animaux, incluant les mammifères, les reptiles et les oiseaux.

La dopamine est connue pour faciliter l’excitation sexuelle et l’éjaculation chez les hommes. Certains médicaments (comme ceux utilisés pour traiter la maladie de Parkinson) ou certaines drogues (comme les amphétamines) libèrent de la dopamine et augmentent ainsi l’érection du pénis et l’activité sexuelle.

La dopamine n’est pas pour autant un «interrupteur à orgasme».

Elle facilite la sensibilité aux stimulations sensorielles en ouvrant et en augmentant le flux d’impulsions sensorielles générées par la stimulation génitale (ou d’autres stimuli sexuellement pertinents).

De cette façon, la dopamine active les circuits du système de la récompense et nous permet de prendre part à une expérience agréable.

La dopamine joue un rôle déterminant dans l’orgasme (et plus particulièrement les récepteurs postsynaptiques D2 et D4).

De façon générale, la dopamine est impliquée dans les sensations de plaisir, le désir et la motivation.

L’excès de sérotonine, un frein à l’orgasme

De nombreuses preuves scientifiques montrent que le système sérotoninergique a un effet inhibiteur sur le comportement sexuel (notamment les récepteurs 2A).

Tous les médicaments antipsychotiques et anti-dépresseurs qui renforcent l’activité sérotoninergique ont tendance à induire une anorgasmie.

En augmentant les niveaux de sérotonine dans le cerveau, ces médicaments peuvent inhiber l’éjaculation, la libido et l’orgasme.

Les hormones sexuelles

Tous les processus reproductifs, incluant les comportements sexuels et l’orgasme, sont influencés par l’action des hormones sur le système nerveux central.

Le cycle menstruel

Une étude pionnière réalisée en 1929 auprès de 2 200 femmes indique que l’intensité du désir sexuel se produirait en deux pics : l’un avant et l’autre après les menstruations.

Plusieurs études analysées jusqu’en 1980 révèlent plutôt une grande disparité : les pics d’activité sexuelle chez les femmes surviendraient principalement au milieu du cycle (8 études), avant les règles (17 études), après les règles (18 études) et pendant les règles (4 études).

Les femmes ont des relations sexuelles à n’importe quel moment de leur cycle menstruel.

Des études montrent que le désir sexuel et le plaisir sexuel, y compris l’orgasme, sont plus fréquents pendant la phase péri-ovulatoire que durant les autres phases du cycle menstruel (Udry Morris, 1968 ; Adams, Gold Burt, 1978 ; Bancroft et al. al., 1983). Ces changements sont probablement liés au pic des niveaux d’androgènes avant l’ovulation.

Des chercheurs ont trouvé une relation entre les niveaux de testostérone à la mi-cycle et la fréquence de l’orgasme (Persky, Lief et al., 1978).

Au moment de la ménopause, la chute des niveaux d’hormones comme l’œstradiol, la progestérone et la testostérone ne dénote pas d’effets spectaculaires sur l’activité sexuelle.

Des études montrent que des facteurs non hormonaux (tels que la santé, le partenaire et la santé mentale) avaient «un impact plus important sur le fonctionnement sexuel des femmes que le statut de la ménopause» (Avis et al., 2000 ; Farrington, 2005).

Œstrogène

L’œstradiol joue un rôle prépondérant dans le comportement sexuel chez les mammifères femelles non-primates. Chez certaines espèces (chat, lapin), l’œstrogène seul facilite le comportement sexuel, tandis que chez d’autres (rats, souris), la combinaison avec la progestérone est essentielle.

Étonnement, l’œstradiol ne joue aucun rôle significatif dans la réponse sexuelle des femmes, y compris l’orgasme.

De nombreuses études ont été menées dans lesquelles l’estradiol ou d’autres œstrogènes sont administrés à des femmes, dans diverses conditions : des femmes anorgasmiques, des femmes ayant subi une ovariectomie bilatérale ou encore des femmes eugonadiques.

Toutes ces études montrent qu’il n’y a pas d’effet cohérent du traitement par œstrogènes sur les différentes composantes de la réponse sexuelle: pulsion sexuelle, rêves sexuels, ou occurrence et qualité de l’orgasme (Sherwin, Gelfand Brender, 1985 ; Utian, 1975).

Androgène (testostérone, DHEA…)

Les ovaires et les glandes surrénales produisent des androgènes qui peuvent stimuler plusieurs composantes de la réponse sexuelle.

L’ovaire sécrète de la testostérone en quantités variables selon le stade du cycle menstruel, les niveaux étant les plus élevés au moment de l’ovulation.

Plusieurs études ont montré que chez les femmes pré-ménopausées, il existe une corrélation significative entre l’activité sexuelle (y compris la fréquence des orgasmes) et les taux plasmatiques de testostérone.

Un grand nombre d’études portant sur des femmes pré-ménopausées et post-ménopausées indiquent que l’administration de testostérone améliore tous les aspects de la réponse sexuelle (Sherwin, Gelfand Brender, 1985 ; Sherwin Gelfand, 1987 ; Sherwin, 1988 ; Van Goozen et al., 1997).

Toutefois, la prise de testostérone peut avoir des effets indésirables comme l’augmentation de la pilosité, le développement musculaire ou la calvitie.

À noter que les effets secondaires négatifs peuvent être évités en ajustant le dosage de la testostérone.

Maladies, ménopause et opérations chirurgicales

Certaines maladies ou opérations chirurgicales (comme le retrait des ovaires ou des testicules) peuvent provoquer une anorgasmie et diminuer la libido.

Dans une étude, un homme souffrant d’hypogonadisme et d’une faible libido a connu une amélioration de son fonctionnement sexuel après avoir reçu un traitement combinant deux hormones : l’estradiol et la testostérone (Carani et al., 2005)

Dans une étude portant sur 75 femmes qui étaient pré-ménopausées et ayant subi une ovariectomie et une hystérectomie chirurgicales, des chercheurs ont déclaré :

Malgré l’œstrogénothérapie, de nombreuses femmes chirurgicalement ménopausées présentent une diminution du désir (libido), de l’activité et du plaisir sexuels ainsi qu’une diminution du sentiment général de bien-être. On pense que ces symptômes sont dus à l’absence de production d’androgènes ovariens… Les scores pour les pensées-désir, la fréquence de l’activité sexuelle et le plaisir-orgasme étaient les plus bas au départ et augmentaient en fonction de la dose de [testostérone]. Avec la dose de testostérone de 300 microgrammes par jour, les augmentations des scores de fréquence de l’activité sexuelle et de plaisir-orgasme étaient significativement plus importantes que celles obtenues avec le placebo.

Dans une étude portant sur 447 femmes en bonne santé, des chercheurs ont signalé que :

Trois cents microgrammes par jour de testostérone augmentaient le désir sexuel et la fréquence des activités sexuelles satisfaisantes en plus d’être bien toléré par les femmes qui avaient développé un trouble du désir sexuel hypoactif après une ménopause chirurgicale ».

Braunstein et al., 2005

Vos questions, mes réponses


Vous vous posez des questions sur la sexualité ? Écrivez-moi. 🙂

Références scientifiques

The Science of Orgasm par Barry R. Komisaruk, Carlos Beyer-Flores, & Beverly Whipple (2007).

Liu H, Gruber CW, Alewood PF, Möller A, Muttenthaler M. The oxytocin receptor signalling system and breast cancer: a critical review. Oncogene. 2020 Sep;39(37):5917-5932. doi: 10.1038/s41388-020-01415-8. Epub 2020 Aug 11. PMID: 32782397; PMCID: PMC7483001.

Narayanan K, Havmoeller R, Reinier K, Jerger K, Teodorescu C, Uy-Evanado A, Navarro J, Huertas-Vazquez A, Gunson K, Jui J, Chugh SS. Sex hormone levels in patients with sudden cardiac arrest. Heart Rhythm. 2014 Dec;11(12):2267-72. doi: 10.1016/j.hrthm.2014.08.031. Epub 2014 Aug 23. PMID: 25240696; PMCID: PMC4253595.