Peut-on avoir du plaisir lors d’un viol ?

J’ai longtemps cru que le plaisir sexuel ne pouvait pas exister lors d’une agression sexuelle. Cette croyance est complètement fausse. En plus d’être infondée, elle est également préjudiciable pour les victimes qui se retrouvent davantage perturbées et se culpabilisent pour ce qu’elles ont vécu. Comment est-il possible de ressentir du plaisir lors d’une relation sexuelle non consentie ? Comment réussir à dépasser un tel événement traumatisant ?

Dans cet article nous parlerons :

Les réactions physiologiques possibles pendant un acte de violence sexuelle

Lors d’un viol ou d’un abus, de nombreuses victimes rapportent avoir vécu des réactions sexuelles : érection, plaisir et éjaculation chez les hommes ; lubrification, plaisir et orgasme chez les femmes.

Ces expériences vont à l’encontre de la croyance populaire selon laquelle nous ne pouvons pas être sexuellement excités ou ressentir des sensations agréables lors d’un crime aussi terrible que celui du viol. Les Lois du Corps en ont pourtant décidé autrement.

L’érection, la lubrification, le plaisir, l’orgasme et l’éjaculation sont des processus physiologiques qui s’enclenchent automatiquement lorsqu’il y a des stimulations d’ordre sexuelles.

Notre volonté n’a pas le contrôle sur tout : nous respirons sans y penser, notre cœur pulse du sang sans même que nous nous en rendons compte, nous voyons le monde extérieur avec nos yeux sans que nous n’ayons à fournir le moindre effort et nos émotions surgissent par elles-mêmes indépendamment de ce que nous en pensons.

Cela signifie que si on nous caresse d’une manière agréable, nous pouvons ressentir des sensations agréables. Y compris si nous ne le voulons pas.

À bien y réfléchir, les cellules sensorielles présentent sur notre sexe ne sont pas différentes des cellules présentent sur nos yeux, nos oreilles, l’intérieur de notre bouche et le reste de notre corps. Pourquoi réagiraient-elles différemment ?

Ce n’est pas de votre faute.

Si vous avez expérimenté des réactions troublantes lors d’un abus sexuel, vous n’en êtes pas responsable. Il s’agit de réactions physiologiques « réflexes » et complètement normales. La présence de ces réflexes ne signifient aucunement que vous avez été consentant de ce qui vous est arrivé.

Deux systèmes « neuronaux » qui fonctionnent en toute indépendance

D’une certaine façon, nous pourrions dire que nous disposons dans notre tête de deux systèmes indépendants :

  • le « système de la volonté consciente » d’une part et,
  • le « système du ressenti » d’autre part.

Ces deux systèmes peuvent entrer en contradiction lors de certaines expériences de violences sexuelles… Notamment parce que nous avons la croyance fausse selon laquelle : « si nous ne voulons pas de plaisir alors nous n’en ressentirons pas ».

La vérité est plus complexe. Il y a par exemple de nombreuses personnes qui veulent ressentir du plaisir ou atteindre l’orgasme mais qui n’y parviennent pas.

Elles sont super motivées à vivre de belles expériences de plaisir, le contexte est favorable, mais pourtant, pour toutes sortes de raisons possibles, leur cerveau « bloque » ces réactions sexuelles agréables.

Ces expériences témoignent une nouvelle fois de l’indépendance entre le système du ressenti et le système de la volonté.

La méconnaissance du fonctionnement de notre cerveau génère dans les cas d’agressions sexuelles de la confusion. Ces vécus paradoxaux diffèrent des mythes entourant le viol et les abus. Ils troublent davantage les victimes qui ont par la suite encore plus de difficultés à parler de ce qui leur est réellement arriver.

Le fait de ressentir de l’excitation, du plaisir et même l’orgasme durant un abus sexuel peut être hautement perturbant. Il s’agit d’expériences qui vont à l’encontre des croyances et des valeurs de la personne, ce qui peut se révéler par la suite d’autant plus traumatisants et sources de blocages.

Des solutions efficaces existent pour guérir du viol

Les traumatismes peuvent marquer profondément et durablement le fonctionnement du cerveau. La littérature scientifique indique qu’une prise en charge rapide et l’apport de soutien social aident les victimes à faire face à ce type d’expériences en favorisant plus rapidement leur résilience.

Des thérapies spécialisées comme l’EMDR peuvent aider le cerveau à intégrer toutes les composantes de l’événement traumatique et ainsi aider la personne à ne plus en être hantée par les symptômes de l’expérience vécue (dissociation, ruminations, tensions corporelles, méfiance, pensées intrusives, crises de pleure, blocages, etc).

La thérapie EMDR est une thérapie reconnue efficace dans le traitement des traumatismes. Mon conseil pour vous est de choisir un ou une psychologue formée à cette technique et avec qui vous vous sentez pleinement en confiance. Le sentiment de confiance est vraiment essentiel à la réussite de tout traitement quel qu’il soit.

Les méditations centrées sur le corps, la compassion envers soit-même, les massages et l’hypnose thérapeutique sont aussi des pratiques permettant de renouer avec ces sensations corporelles. Libérer ses tensions et évacuer ses émotions peut aussi aider à (re)trouver la paix intérieure.

Les programmes OH OUI peuvent aussi contribuer à votre mieux-être sexuel :

2 thoughts on “Peut-on avoir du plaisir lors d’un viol ?

  1. Article très intéressant !
    Article vers lequel je renvoie sur mon blog qui cherche à aider les anciennes victimes de violences sexuelles.
    L’EMDR m’a été recommandé par mon gastro-entérologue pour agir sur mon hypersensibilité digestive … Ce n’est pas miraculeux mais ça aide !

  2. Merci Chrystèle pour le renvoi 🙂

    L’EMDR est une technique vraiment intéressante pour apaiser le système nerveux. Mais c’est sûr que ce n’est pas miraculeux non plus ^^

    Au plaisir,
    Élodie

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